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La Machine
à Deux Mains (Two Handed Engine)
par Henry Kuttner & Catherine L. Moore
Fiction N°
50 - Janvier 1958
Nous sommes heureux
de saluer l'entrée dans nos pages de Henry Kuttner et sa femme Catherine
Moore qui, sous dix-neuf pseudonymes différents, ont écrit une bonne
partie de la science-fiction américaine de ces quinze dernières années!
Malgré l'abondance de leur œuvre, leur bibliographie en France est jusqu'à
ce jour réduite. Elle comprend :
i° Sous le pseudonyme de Lewis Padgett (sous lequel ils écrivent en
tandem), la nouvelle mémorable « Tout smouales étaient les borogoves »,
publiée dans le numéro de juin 1953 du « Mercure de France » et récemment
rééditée dans l'anthologie « Univers de la science-fiction », au Club des
Libraires de France ; ainsi que le roman « L'homme venu du futur », passé
inaperçu lors de sa publication aux éditions des Deux-Rives... et rendu
méconnaissable par une traduction épouvantable
2° De Catherine Moore seule, la non moins mémorable nouvelle « Shambleau »
(dans le recueil « Escales dans l'infini », au Rayon Fantastique), et la
série de toutes les nouvelles qui la suivent, réunies dans la même
collection sous le titre « L'aventurier de l'espace ».
3° De Henry Kuttner seul, un roman policier paru dans la Série Noire sous
le titre « Faites monter la bière ».
La nouvelle que nous présentons pose le problème de la Justice. Tous les
jours dans les journaux nous voyons des comptes rendus de procès, où la
sentence est considérée comme sujette à caution. La justice humaine est
évidemment imparfaite et par là insatisfaisante. Peut-on alors concevoir
des machines rendant la justice, des machines qui concrétisent le terrible
mythe grec des Furies ?
Telles sont les questions que cette belle nouvelle soulève et qu'elle ne
prétend pas résoudre : il y faudrait un traité de Morale et de
Métaphysique. On pourrait la citer en exemple pour montrer que la
science-fiction peut traiter, sous une forme attrayante, des problèmes les
plus tragiques et les plus graves .
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Une Porte
sur l'Eté (A Door Into Summer)
par Robert Heinlein
Fiction N°
61 - Décembre 1958
Le chat dans la
science-fiction joue un rôle reconnu. Il a déjà donné naissance à
plusieurs nouvelles, comme par exemple « Langue de chat », de R. Bretnor
(« Fiction » n° 9) ou «. Le sourire du sphinx », de William Temple (dans
l'anthologie « Escales pour l'infini », au Rayon Fantastique).
Pète, le chat qui est un des héros de ce roman d'aventures à travers le
temps, sera apprécié par tous les amis des chats. Il existe bel et bien,
et un certain nombre d'épisodes qui lui sont attribués sont réellement
arrivés.
Mais le nouveau roman de Heinlein ne s'adresse pas uniquement aux amis des
chats. Il reprend d'une façon tout à fait nouvelle l'éternel sujet des
voyages dans le temps, dans une direction d'abord, dans les deux
directions ensuite.
Et surtout, sur le plan de la science-fiction,
l'intérêt de ce livre est dans le fait que le personnage principal avec
Pète est un ingénieur. S'il y a eu un grand nombre de savants, fous et
normaux, en science-fiction, il n'y a eu que peu d'ingénieurs véritables.
Ingénieur lui-même, Heinlein apporte des précisions sur ce beau métier
qu'il appelle très justement « l'art du possible ». Il
explique en particulier comment l'ingénieur moderne résout des problèmes
et arrive à faire des inventions « sur commande ».
Ajouterons-nous enfin qu'un attrait supplémentaire et majeur de ce roman
est la façon charmante dont il est conté ? Après « Transfuge d'outre-ciel
» (publié dans nos numéros 47, 48 et 49) et le récit « Oiseau de passage »
(n° 58), nos lecteurs y retrouveront avec plaisir le ton si vivant qui est
la marque de Heinlein, et qui console de trop de livres de science-fiction
fabriqués avec une évidente sécheresse.
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